Les Royaumes du Cercle, prologue

Les Royaumes du Cercle, prologue
L'homme releva brusquement la tête. Non, il fallait résister à la tentation. Il ne pouvait pas se permettre de dormir. Pas aujourd'hui, pas maintenant. Il avait des choses à faire, des choses trop importantes pour être négligées. S'adossant à sa chaise pour avoir une position plus confortable, il reprit fermement sa plume et parcouru sa lettre.

« Majesté,

J'ai vu dans le futur et lu dans nos expériences passées. Le mal est en marche, la guerre aussi. Nous ne parviendrons pas l'arrêter. Aucune échappatoire, aucune solution ne s'offre à nous.
Il vise un point précis : l'Ile du Rêve, Cam'lié. Le seul maigre espoir que nous avons d'éviter la guerre - et là encore nous ne ferions que la repousser à plus tard- est d' " acheter " le nouveau souverain de l'archipel. Cet acte, s'il réussit, nous fera un allié considérable pour la tuerie qui se prépare et que nous ne pouvons empêcher.
Sire, je vous demande, pour le bien-être du royaume, de préparer un groupe de personnes de confiance qui se mettront en route pour l'île, pour offrir le présent de votre choix au monarque qui la gouverne maintenant, suite au décès du roi Meïlsi.
Je vous le dis : des temps effroyables se préparent et il est dit dans la prophétie : « Alors viendra le tyran qui sous son règne déchaînera les forces du mal et anéantira toute once de bien. ». J'en tremble, Sire, moi le Sixième Mage, j'ai peur. »


Suçotant l'extrémité de sa plume, l'homme réfléchit. Il ajoute :

« Mais la prophétie dit aussi : Et dans ces temps obscurs viendra celui que tous attendent. »

Réfléchissez à tout cela, Sire, et convoquez le Conseil si vous le désirez.
Pour ma part, je demanderai une audience au Septième Mage

Sachez que je vous suis entièrement dévoué,

Le Sixième Mage

Urani»

Satisfait, l'homme rangea sa plume et cacheta la lettre.

# Posté le lundi 28 janvier 2008 14:55

Modifié le mercredi 30 janvier 2008 09:32

Les Royaumes du Cercle, chap I

Les Royaumes du Cercle, chap I
Niwinë se baissa. Elle saisit un champignon, l'examina. Enfin ! Souriante, elle appela la jeune fille qui avançait à ses cotés, les yeux rivés sur le tapis de feuilles des sous bois.
- Ewän ! Regarde ce que j'ai trouvé ! Je t'avais bien dit que la saison des champignons n'était pas encore finie !
- Mais je n'ai jamais dit le contraire ! J'ai simplement affirmé qu'on avait peu de chance d'en trouver ! De quelle sorte s'agit-t-il ?
Niwinë examina sa trouvaille, puis releva les yeux.
- J'ai l'impression que c'est une Trompette-de-la-mort... il faudra tout de même demander à Aya pour être sûres... On ira après !
Sa cadette soupira. Elle n'avait jamais beaucoup aimé cette vieille femme sombre, qui vivait en recluse au-dessus du village, et ne sortant de sa cabane que pour guérir ou aider les femmes à accoucher. En revanche, sa s½ur l'admirait et l'aimait énormément, ce qui pouvait se comprendre puisqu'elle était son élève depuis maintenant sept ans.
Ewän avait eu seize ans la semaine passée, elle était maintenant en droit légal de se marier. Pétillante, mince et gracieuse, elle débordait toujours de vie et de gaieté. Elle était dynamique, populaire, et se faisait rapidement des amis, s'occupant toujours des autres avant de penser à elle. Elle avait tendance à prendre tous les problèmes sur ses épaules, ce qui parfois la détruisait, mais elle ne disait rien à personne, préférant tout assumer.
Elle rejeta ses longues tresses de cheveux châtains derrière son dos, referma un bouton de son chemisier blanc et ramena sa jupe correctement sur ses chevilles. Puis elle interpella Niwinë.
- On ne peut pas arrêter, maintenant ? S'il te plaît ! Ça fait quand même plus de deux heures qu'on cherche, tout ça pour trouver un champignon ! Tant pis pour Aya s'il lui en manque quelques-uns ! Elle s'en passera ! Et puis de toute façon, ne peut-elle pas en faire apparaître deux ou trois ?
- Ewän, tu es fatigante. C'est gentil de m'aider, tu n'étais pas obligée mais si tu n'arrêtes pas de te plaindre ce n'est pas la peine !
Sa s½ur Niwinë, âgée d'un an et demi de plus, la regardait avec agacement. Elle aussi avait des cheveux châtains, mais plus courts, et elle les portait attachés en une queue de cheval. Fine et élancée, elle était curieuse de tout, mais malgré tout sage et réfléchie. Son avenir semblait tout tracé : elle serait la prochaine Sage du village, après la mort d'Aya, qui, espérait-elle, surviendrait le plus tard possible ! Elle lui avait tout appris, la médecine et la magie, les herbes qui soignent et celles qui tuent. La magie élémentaire n'avait maintenant plus de secret ou presque pour la jeune fille, bien que ni ses deux s½urs ni ses parents ne soient au courant. Un jour, peut-être, elle leur en ferait la surprise, et tous la féliciteraient, après tant d'année d'effort...Mais ce jour était encore bien lointain, et arriverait-il ? Aya avait bien spécifié à son apprentie de ne jamais rien dire à personne, sous aucun prétexte...
Alors, pour l'instant et sans doute pour toujours, Niwinë se taisait...
Le seul inconvénient à ce destin hors normes était qu'elle devait absolument rester vierge, sans quoi ses pouvoirs disparaîtraient peu à peu, la rongeant aussi sûrement qu'un ver. Pourquoi ? Elle n'en savait rien, Aya gardant ce secret comme si c'était la chose la plus précieuse au monde. Et rien n'aurait pu faire dire à la vieille femme ce qu'elle ne voulait pas révéler.
Ewän la tira brutalement de ses pensées, l'apostrophant avec insistance.
- Tu dormais ? Ca fait la troisième fois que je t'appelle ! J'y vais ! J'ai promis à Sagaemon d'aller à son rendez-vous ! Désolée de ne pas pouvoir rester !
- D'accord, vas-y... De toute façon si je n'en trouve pas encore un dans la demi-heure qui suit, je rentre.
- Bon, à tout à l'heure !

# Posté le lundi 28 janvier 2008 14:58

Modifié le vendredi 01 février 2008 12:09

Les Royaumes du Cercle, chap I, part 2

Les Royaumes du Cercle, chap I, part 2
La jeune s½ur de Niwinë se dépêcha de partir, non pas pour déplaire à son aînée, mais parce qu'elle avait hâte de retrouver l'élu de son c½ur.
Retenant ses jupes d'une main, Niwinë s'éloigna à son tour, lentement, en examinant une dernière fois les alentours. Aucun champignon ne se montrant, elle tourna le dos et se dirigea vers le ruisseau qui coulait non loin, l'enjamba et entra dans une petite cabane.
- Aya ?
- Oui ? répondit une voix venant de derrière un fauteuil. Que veux-tu ma jolie ?
- C'est moi, Niwinë.
En disant cela, la jeune fille s'avança vers l'immense fauteuil de cuir.
- Tiens, annonça-t-elle en tendant le sac de champignon à la chose rabougrie qui se terrait dans le cuir de fauteuil, je n'ai pas trouvé beaucoup.
La vieille femme à la peau tannée par le soleil se leva avec difficulté, puis s'avança vers Niwinë en s'appuyant sur une solide canne dont, chose étonnante que personne ne s'attendait à trouver dans un tel taudis, le pommeau était en argent, représentant une sphère pleine de volutes et de spirales, incrustées de minuscules paillettes de saphir. Son visage était dévoré par des yeux immenses, profonds, envoûtants, d'un bleu qui n'avait sans doute pas changé de couleur depuis qu'il était apparu, tout en emmagasinant l'expérience de la vieille femme. Elle les plongea dans ceux de l'adolescente, qui ne cilla pas, par habitude.
- Niwinë, tu vas bientôt partir.
- Mais...
- Ne dis pas non, je le sais. Tu vas donc bientôt partir, et je voudrais te mettre en garde. Tu ne me reverras plus. Ce ne sera qu'une formalité, ne t'inquiète pas. J'ai fait mon temps, j'ai appris ce que je devais apprendre et je t'ai légué tout mon savoir. Surtout, garde le secret sur tes pouvoirs. Cela pourrait attirer des gens avides de pouvoirs, qui se serviront de toi, car tes capacités sont immenses.
- Mais toi aussi, tu en as !
- Non. Les miens ne sont que bribes, stratagèmes, tours. Je n'ai pas une miette de ce que tu possèdes.
- De toutes façons, je ne vais pas partir . Je n'ai pas fini mon apprentissage. Je ne compte pas abandonner toute ma famille, et toi encore moins. Si j'ai le choix, je te promets que...
- Ne promets pas, mon enfant. Tu vas partir, et tout en ayant le choix tu ne l'auras pas. Bon, il est temps que tu partes. Réfléchis et prépare-toi...

***

On frappait à la porte. Dans son esprit encore brumeux, Ewän ne retint que cette information, on frappait à la porte et si l'on suivait l'ordre logique des choses, il fallait aller ouvrir, c'est à dire se lever...Or elle ne tenait absolument pas se lever... Une de ses s½urs pourrait bien le faire... Sa mère la rappela à l'ordre depuis la pièce principale :
- Ewän, va ouvrir, s'il te plaît, demanda-t-elle d'une voix ensommeillée.
- Mmmmmh...
Qui pouvait bien déranger les gens à une heure pareille ? Ce n'était pas ce qu'on pouvait appeler de la courtoisie...

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# Posté le mardi 29 janvier 2008 11:17

Les Royaumes du Cercle, chap I, part 3

Les Royaumes du Cercle, chap I, part 3
Ewän se leva courageusement et alla ouvrir en traînant des pieds, les yeux à demi fermés, la vision brouillée... Pas très réveillée, donc...
Lorsqu'elle ouvrit la porte, elle poussa une exclamation de surprise, néanmoins vite étouffée, car le roi, suivi de sa suite, attendait à la porte. Ewän s'inclina, selon la coutume, puis mit un genou à terre jusqu'à ce que le roi la bénisse.
- Je te donne ma bénédiction, qu'elle soit avec toi maintenant et toujours.
Elle se releva et l'invita à entrer.
- Je suis venu pour parler à ta mère. Je pense être plus en sécurité dans cette maison qu'au palais pour discuter, mais, partout, les murs ont des oreilles, c'est pourquoi j'ai tout de même pris mes précautions.
Là dessus, il appela un homme situé derrière lui, vêtu d'une longue tunique mauve et dont le visage était caché par un curieux voile noir et translucide, qui malgré sa couleur profonde laissait voir les yeux :
- Urani, peux-tu construire ici un sort de silence ? Puis il s'adressa à Ewän : Je te présente Urani, jeune fille, le Sixième Mage, donc un des plus puissant de ce monde !
Hésitant, il rajouta :
- Ou du moins de ce pays.
L'homme parla.
- Ewän, peux-tu aller chercher ta mère, maintenant, s'il te plait ?
- Oui, bien sûr !
Ses visiteurs restant dans l'entrée, la jeune fille partit, perplexe, – comment ce mage avait-il pu connaître son nom ? - vers cette dernière, qui dormait dans une minuscule pièce à part.
- Maman ! C'est pour toi !
- Qui est-ce ? répondit une voix endormie.
- Maman ! Lève-toi ! S'il te plait ! C'est le Roi qui vient te voir !
Cette réponse fit l'effet d'une douche froide à la femme qui sauta de son matelas.
- Oui, j'arrive !
Le roi en personne intervint, ordonnant - plutôt sèchement - à la jeune fille d'aller réveiller ses deux s½urs une fois qu'elle aurait fini de discuter.
C'était plus un ordre qu'une question...
- Bien sûr, j'y vais.
Ewän entra dans la chambre exiguë où elle et ses deux s½urs dormaient, sur d'étroites couchettes superposées. Meublée très sobrement, cette pièce servait en même temps de salle principale, malgré sa taille. Une table en bois foncé entourée de chaises ciselées du même matériau trônait au centre de la chambre ; un bon feu brûlant dans une cheminée de briques rouges réchauffait la salle d'une douce chaleur.
Il y régnait une ambiance feutrée, - mais aussi une faible odeur de transpiration - ponctuée par les ronflements discrets des deux dormeuses...
Ewän se dirigea sans bruit vers la couchette la plus basse, où sommeillait sa deuxième s½ur, Eölin.
- lève-toi, ordonna-t-elle, nous avons un invité à honorer de notre présence !
- Quoi ? Encore un de tes prétendants ?
- Très spirituel, lança sa s½ur d'un ton exaspéré. Lève-toi, maintenant !
- Tu ne m'as toujours pas dit qui ose frapper à cette heure !
- C'est le Roi !
- Il aurait fallu le dire tout de suite !
Eölin, qui avait quinze ans passés, possédait une crinière de cheveux bruns qu'elle rassemblait souvent en une queue de cheval, plus pratique pour ses excursions dans la montagne. Ses yeux bleus plongeaient au plus profond de ses interlocuteurs, ce qui ne manquait pas de les déstabiliser... Parfois un peu mystérieuse, elle ne livrait jamais ses secrets, renfermant tout dans de hautes et infranchissables murailles. Très douée en dessin, elle était admise au IID, l'Institut International de Dessin où elle s'entraînait à faire des portraits de toutes sortes. Elle désirait d'ailleurs en faire son métier, chose plutôt rare étant donné que sa famille s'occupait de fermes de générations en générations, sans jamais avoir cherché autre chose.
- Bon, soupira Ewän, habille-toi vite pendant que je m'occupe de Niwinë ! D'après ce que j'ai compris, le Roi voudrait nous voir après avoir parlé à Maman !
La jeune fille se dirigea vers la couchette du haut, occupé par son aînée.
- Niwinë ! Réveille-toi ! Allez ! Hophophop ! Sors du lit !
- Hmmm... Qu'est ce que c'est ? Qu'est ce qui se passe ?
- Nous avons un invité de marque : le Roi ! Alors dépêche-toi de te préparer et viens !
- Oui, oui, j'arrive... Deux minutes...
- Bon, en attendant, Eölin et moi, on va aller voir ce qui se passe ! Rejoins-nous vite !
- Oui...
Niwinë continua à s'habiller tandis que ses s½urs descendaient. Elle les rattrapa peu après dans le salon, en compagnie de leur mère et du roi.

# Posté le mercredi 30 janvier 2008 07:35

Les Royaumes du Cercle, chap I, part 4

Les Royaumes du Cercle, chap I, part 4
- Ah, vous voilà ! Il était temps, nous voulions justement vous parler ! s'exclama celle-ci.
- Alors, annonça le roi, par quoi allons nous commencer ? Il réfléchit quelques instants et continua :
- Je vais vous exposer la situation dans laquelle se trouve notre petit royaume, El'syr. Comme vous le savez, le Roi Maléfique, Haükkid, espère envahir l'Alliance et étendre ainsi sa puissance - et sa tyrannie - aux autres pays qui en font partie... C'est-à-dire Elf'yk, Jerikio, et Mannerat. Pour cela, il compte acheter le nouveau roi – Meïlsi - de Cam'lié pour s'infiltrer à Kiarlia, sa capitale. Cam'lié, l'Ile du Rêve est une forteresse imprenable et située à un endroit extrêmement stratégique... Tant pour la défense que pour l'attaque ! Construite sur une grande île de l'océan Mertmund, elle possède une gigantesque flotte de plus de mille navires, tous armés et équipés des meilleurs systèmes d'attaques, comme des éperons ou des canons à très longue portée... Avec le donjon, qui sert aussi de tour de garde, culminant à plus de cent mètres au-dessus du niveau de la mer, ils aperçoivent tout envahisseur potentiel de très loin. Leurs armes sont tout aussi terrifiantes... Ils utilisent le son et la répercussion de l'eau pour produire pendant tout le temps de l'attaque un bruit effroyable. Ces sons sont soit aigus à la limite de l'audible, soit si graves qu'ils en font mal, arrivant de tous les cotés, ne servent pas à tuer mais à torturer l'adversaire. Les Cam'liens étant immunisés de naissance, - et avec l'aide de puissants sorciers - contre ce son atroce, il ne leur reste plus qu'à aller achever leurs ennemis !Imaginez si Haükkid tenait entre ses mains le pouvoir de Cam'lié !! Cela ne lui poserait plus aucun problème d'aller envahir le monde comme il l'entend ! Enfin, peut-être pas le monde, mais du moins tous les pays ayant un débouché sur Mertmund, et de là toutes les possibilités sont à prévoir. Vous pouvez bien évidemment vous dire que nous sommes loin de Mertmund, mais cette affaire nous touchera de toute façon tôt ou tard, alors autant l'étouffer dans l'½uf.
- Tout cela est décidément très agréable, ironisa Eölin.
Malgré cette tentative lamentable pour réchauffer l'atmosphère, tout le monde était très tendu.
- Et en quoi cela nous implique-t-il ? demanda froidement Niwinë. Jamais nous n'avons entendu parler de ce pays, et d'un coup un roi que nous n'avons jamais vu non plus vient nous annoncer qu'il a des problèmes !
Le magicien, qui n'avait jusque là pas encore pris là parole, répondit à la place du roi :
- Eh bien...le seul moyen d'empêcher cela serait de proposer à Meïlsi d'entrer dans l'Alliance. Bien sûr, nous ne pouvons le convaincre sans l'amadouer avant... Et Cam'lié est très riche puisque, se situant à peu près au milieu de Mertmund, elle contrôle les droits de passage et de commerce. Donc, nous devons faire en sorte que Meïlsi ait bien plus d'avantage à être avec nous plutôt qu'avec Haukkid ! Il faudrait lui offrir un cadeau sans prix, d'autant plus difficile à trouver...Vous aller en conséquence m'accompagner jusqu'à Cam'lié où nous remettrons au roi son présent. En chemin, nous devons aussi chercher ce présent puisqu'il n'existe pas à El'syr...Mais je vous expliquerai tout ça sur la route !
- Et pourquoi nous ? remarqua Ewän.
Le Sixième Mage se chargea de la réponse...
- Parce que nous avons nos raisons... Que vous connaîtrez plus tard, d'ailleurs...
- Ah ! s'exclama Ewän, au nom de nous trois, j'espère que vous nous donnerez des informations plus précises...
- Non, répondit sèchement Urani. N'espérez pas. Vous les obtiendrez de vous-même.
Ewän prit la parole, le visage affichant une moue boudeuse mais néanmoins grave :
- Hmmm... Nous devons y réfléchir, non ? Parce que d'après ce que j'ai compris, vous nous demander de tout quitter – d'ailleurs sans garantie de revoir qui que ce soit – et cela sans avoir le choix ! Enfin, je peux me tromper, mais bon...
- Bien, lança le roi, je vous laisserai donc jusqu'à ce que le soleil soit au plus haut, et si vous êtes d'accord vous vous présenterez sur la place centrale. Si vous devez vous préparer, emportez un minimum d'affaire. J'ai remis à Urani une bourse pour les chevaux et la nourriture qui suffira à tout le trajet. Urani prendra différents antidotes, au cas où vous vous feriez piquer par des serpents venimeux ou par des Xareïs... Tout est donc prévu, il ne manque plus que votre accord.
- Peut-être, mais nous ne savons rien de ce qui va nous arriver, remarqua Ewän, ni de ce qui va se passer si nous n'arrivons pas à accomplir cette mission...
- Je vous ai présenté les risques, c'est maintenant à vous de choisir. Je ne vous obligerai en aucun cas à accepter, vous avez entièrement le choix...
Les visiteurs repartirent, et les filles se concertèrent avec leur mère.

# Posté le mercredi 30 janvier 2008 08:13

Modifié le vendredi 01 février 2008 12:17